Orchestral Tools vient de dévoiler FFOSSO. Derrière ce nom énigmatique se cache une nouvelle plateforme qui chasse clairement sur les terres de LABS de Spitfire Audio. L'idée ? Un produit (détaché de la marque d'Orchestral Tools) orienté sons cinématographiques, textures organiques et nappes synthétiques, fonctionnant sur un modèle Freemium (gratuit avec abonnement optionnel).
FFOSSO est un outil qui se présente comme modulaire, avec des banques et des presets clé en main, mais avec la possibilité de basculer en "backend" avec un système de programmation visuelle modulaire.
L'expérience Player : minimaliste mais abstraite
Le design global est indéniablement réussi : c'est propre, moderne et très agréable à l'œil. Cependant, cette interface est parfois victime de son minimalisme. C'est trop épuré. On se retrouve souvent à tourner des boutons sans savoir exactement ce qu'il se passe en coulisse. C'est ludique, mais frustrant quand on souhaite être efficace. Mais c'est peut-être pour nous pousser à aller voir sous le capot.

FFOSSO s'articule autour de six moteurs de lecture d'échantillons distincts, allant du mixage vectoriel et du crossfade de couches (Orbits, Layers) à la génération granulaire ou séquentielle (Jupiter, Threads). Ces modules intègrent également des fonctions de manipulation de hauteur et de déclenchement MIDI pour jouer des accords pré-configurés (Disperse, Chords).Seules ces dernières fonctions sont assez originales bien qu'assez difficiles à appréhender.
Voici un tour des presets gratuits disponibles dès aujourd'hui et en fin de vidéo quelques démos des banques comprises dans l'abonnement.
Sous le capot : L'éditeur de presets "modulaire"
C'est là que ça devient plus intéressant pour les "bidouilleurs" de son. J'ai voulu tester l'environnement modulaire de FFOSSO pour créer mes propres patchs.
Voici les outils disponibles au lancement. Le Multi Sampler est le moteur principal, il permet de lire une grande variété d'échantillons. Pluck Synth, Wave Synth sont assez timides, mais utiles pour le layering. On retrouve ensuite des classiques, distortions, compression delay etc. Ces outils sont de qualité et disposent de beaucoup de paramètres. Le plus intéressant est bien entendu Script qui va nous permettre de mettre (non sans mal) un peu de vie.
Petit aperçu de quelques échantillons bruts disponibles gratuitement. La qualité de la source est là, c'est du Orchestral Tools. En revanche il va falloir les télécharger un par un, sans possibilité de pré-écoute. Frustrant !
La création de patchs : J'ai ensuite créé quelques patchs très simples histoire de me familiariser avec les différents modules proposés.
Les limites actuelles en freemium :
Si le potentiel créatif est là, l'expérience que j'ai pu avoir dans la version gratuite du logiciel présente encore des défauts.
L'absence de CTRL+Z : Ne pas pouvoir annuler une action lors de l'édition d'un patch est assez incompréhensible et freine l'expérimentation.
Documentation limitée : La documentation est encore assez austère, surtout la partie sur les Fonctions.
Impossibilité de télécharger tous les modules et samples d'une traite, pas de pré écoute.
Modulation limitée : Il manque cruellement d'options de modulation classiques, un simple LFO supplémentaire serait le bienvenu pour animer les paramètres. (peut-être disponible dans la version payante).
Le câblage : L'ergonomie du système de câbles n'est pas toujours très pratique ni intuitive à manipuler et cela peut vite devenir une usine à gaz comme pour le patch de Frozen Piano en dessous.
Le moteur "Threads" : S'il est intéressant pour créer des rythmes simples, il reste très basique, ou du moins il manque de documentation pour en comprendre toutes ses subtilités. (version améliorée dans la version payante).
Le sujet qui fâche : la moula
Bien entendu, qui dit freemium dit premium. Sans engagement le tarif est de 13€ par mois et nous promet du nouveau contenu toutes les semaines(!?), huit fois plus de presets du Multi Sampler, des outils supplémentaires pour l'édition de patch (sans trop de précision), et un support par mail.
Pour comparaison, Output Arcade qui présente une offre similaire mais dans un tout autre genre est à 10,99€/mois. Le Composer Cloud+ d'Eastwest est à 19,99€/mois ce qui est plus cher mais il dispose de l'intégralité des banques de sons de la marque. Difficile également de comparer avec LABS qui fait désormais partie de Splice.
En conclusion :

FFOSSO est un outil prometteur pour du scoring rapide ou de l'ambient organique, surtout si l'on s'en tient aux presets. Pour le sound design pur, il demande encore à soigner sa documentation et à mûrir un peu.
Cependant la qualité et le savoir-faire d'Orchestral Tools est là et je n'hésiterai pas à le sortir à l'occasion. Je tenterai peut-être la version payante pour vous faire un retour un de ces jours. Et vous, vous l'avez testé ?




